Avis créatifs : qui viser, quand le faire et comment procéder ?

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POURQUOI IL NE FAUT PAS DEMANDER L’AVIS DU PREMIER VENU SUR VOTRE CRÉATION GRAPHIQUE

Vous, lecteurs de ce blog, faites en grande majorité partie des personnes évoluant dans les métiers du graphisme, du webdesign ou du marketing. Parmi vous, qui n’a jamais expérimenté par lui-même et regretté l’usage de la fameuse technique du jugement de ses proches sur sa dernière créa ? Pire, qui n’a jamais souffert d’un client tenant absolument à avoir l’avis de tout son entourage sur le logo ou le site que vous venez de créer pour lui ?

Si la démarche de « tester » votre création auprès d’un public peut présenter de grands intérêts, elle peut aussi être contre productive si elle n’est pas un minimum encadrée. Je vous propose donc une réflexion sur le sujet assortie de 3 conseils majeurs pour collecter des avis constructifs.

Conseil 1 | interroger des personnes, c’est bien, mais pas n’importe lesquelles

Si le projet, vous-même, ou votre client exige d’avoir l’avis de personnes extérieures, alors veillez à ce qu’elles correspondent à la cible visée (et votre entourage ou celui du client en fait rarement partie). Parce qu’une création graphique est basée sur une réflexion marketing prenant en compte un contexte, une cible particulière et un message sur mesure. Sortez de ces paramètres et l’avis des personnes interrogées sera hors-sujet, peu pertinent, et relèvera la plupart du temps de critères purement subjectifs (de l’ordre du jugement de la beauté par exemple) qui ne feront que polluer votre processus créatif.

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L’état dans lequel vous met un avis hors-sujet (merci au site Humour de recruteur pour le Gif)

Des testeurs bien ciblées peuvent en revanche vous donner de précieux retours sur votre création et vous aider à l’améliorer.

Conseil 2 | croisez votre propre avis avec celui d’un autre professionnel

La seconde raison qui doit vous pousser à ne pas vous tourner vers vos proches, c’est qu’en plus de ne pas correspondre à la cible, ils n’ont pas les compétences requises pour juger une création graphique (ajustements typographiques, symbolique des couleurs, sémiologie de l’image, etc.). Et c’est normal, ce n’est pas leur métier.. Je prends souvent l’exemple du dentiste pour expliquer clairement ce problème : lorsque quelqu’un souffre d’une douleur aux dents et qu’il vous sollicite pour prendre conseil, vous n’allez pas lui faire un diagnostic, vous allez juste lui conseiller de consulter un spécialiste. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce n’est pas votre métier et que vous n’avez pas les connaissances nécessaires pour répondre à sa question. En terme de graphisme, c’est pareil, ce n’est pas une discipline accessible à tout un chacun malgré ce que l’opinion semble croire. Vous voulez un avis sur votre création mais n’avez pas les ressources pour la tester auprès d’un public adéquat? Pensez à vous adresser à un confrère, vous aurez des retours experts plus justes et plus utiles.

Conseil 3 | les avis doivent être sollicités en cours de processus créatif, pas à la fin

Ca peut sembler évident, mais ce n’est pourtant pas un cas isolé. Le meilleur conseil que je puisse vous donner est de ne jamais faire intervenir la phase de test/avis à la fin de votre processus créatif. Sinon vous êtes bons pour tout reprendre et vous n’aurez certainement pas les ressources pour le faire. Donnez-vous les moyens de prendre en compte les avis de vos clients potentiels et demandez-les en amont (via des questionnaires, etc.).

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La gamelle qui vous attend si vous n’impliquez pas les clients finaux (merci au site This advertising life pour le Gif)

A défaut, vous vous exposerez à quelques désagréments proportionnels à la renommée de votre marque. Rappelez-vous le cas de la marque GAP qui a été contrainte en 2010 d’écouter l’avis de ses fans Facebook APRES le lancement de son logo avec pour conséquence la restauration de l’ancien, ou encore le réseau Airbnb dont le nouveau logo a été copieusement raillé l’an passé mais qui s’en était brillamment tiré à l’aide d’une infographie humoristique et d’une plateforme dédiée permettant aux utilisateurs de s’approprier le logo.

 

Source : La veilleuse Graphique