7 fausses bonnes idées qui ruinent un site internet

Petit rappel de certains fondamentaux en matière de webdesign et d’expérience utilisateur.

« L’enfer est pavé de bonnes intentions ». Cet adage vaut aussi pour le Web. Au moment de créer votre site internet, votre cerveau entrera en ébullition. Vous aurez envie de tout essayer, tout ajouter. Aujourd’hui, toutes les fonctionnalités – même les plus sophistiquées – sont accessibles au commun des mortels. Alors, pourquoi se priver ?

Tout simplement parce que certaines idées sont de fausses bonnes idées. Géniales sur le papier, elles vont en pratique plomber l’expérience utilisateur (UX) de votre site. Comme ces pop-ups intempestifs, qui révolterontles plus stoïques des internautes. Ou ces pages gavées comme des oies, dont le temps de chargement donnera envie à vos visiteurs de se pendre au fil de leur souris.

Comment être sûr de créer un site qui soit non seulement beau, mais aussi efficace dans la conversion de vos visiteurs (en clients, abonnés ou autres) ? Voici les 7 erreurs de débutant que vous devez impérativement éviter !

1. Les mots-clefs à outrance

À force d’entendre que les mots-clefs ouvrent les portes de Google, les webmasters ont tendance à en glisser partout – quitte à faire violence à leurs textes. Ici comme ailleurs, le mieux est l’ennemi du bien. Les bots des moteurs de recherche arpentent la Toile à longueur de journée. Une fois arrivés sur votre site, ils interrogent plusieurs éléments afin de savoir à qui ils ont affaire. Les mots-clefs en font partie. Avec deux ou trois par page (outre ceux que vous mettez dans vos titres et balises), vous les renseignez amplement. Au-delà, ils pourraient penser que vous avez cherché à les duper – et risqueraient de pénaliser votre référencement au lieu de l’améliorer !

2. Les pages étirées sur la largeur

Certains web designers créent des pages étirées sur la largeur, qu’il faut faire défiler de gauche à droite. Cette habitude, peut-être héritée d’une longue pratique des livres, est à proscrire. En effet, le sens de l’Histoire – et de la lecture – penche clairement vers la verticalité. À ce titre, Internet marque un intéressant retour en arrière, puisque le contenu s’y consomme de haut en bas, comme un parchemin que l’on déroule. En témoignent la forme des molettes ou les caresses digitales que vous prodiguez (amoureusement)à votre smartphone.

Dans l’absolu, étirer vos pages n’est pas une mauvaise idée – à condition que ce soit dans la longueur. Cette pratique porte même un nom, le « long scrolling », et constitue l’une des grandes tendances du Web design 2016.

3. L’excès de contenu

Vous êtes un vrai passionné – par le yoga, le marketing ou la reproduction des bonobos (on ne juge personne). Du coup, vous avez des tas de choses à montrer ou à raconter. Sur votre site, vous allez devoir modérer vos ardeurs. En effet, ces 15 dernières années, la capacité d’attention moyenne d’un être humain a chuté de 33 % pour atteindre huit secondes seulement (selon une étude Microsoft). Pour info, c’est une seconde de moins qu’un poisson rouge – et vlan l’ego !

Conséquence : pour être lu et assimilé, un message doit être court. Pas question de faire du Proust sur votre page d’accueil ou d’inviter du Bellay à taper le sonnet dans votre galerie de produits. Les experts recommandent de se limiter à 150 mots par page – à l’exception de vos articles de blog, bien sûr. Au-delà, vos poissons rouges de lecteurs n’auront qu’une envie : changer de bocal.

4. La musique en lecture automatique

Qui aime la musique d’ascenseur ? Personne ? C’est bien ce qu’on pensait. Sur Internet, c’est la même chose : les accompagnements sonores, lorsqu’ils sont imposés, sont particulièrement irritants. Alors, à moins d’exercer une activité qui le justifie (DJ, producteur, station de radio, etc.), ne faites pas tourner de chansons en lecture automatique sur votre site.

Comme dit plus haut, la capacité d’attention d’Homo sapiens s’est réduite comme peau de chagrin. Déjà qu’il est difficile de demander à quelqu’un de lire un livre, alors imaginez : lire et écouter de la musique en même temps ? Si vous souhaitez que vos visiteurs soient pleinement concentrés sur votre message, coupez le son.

5. La profusion de pop-ups

Les pop-ups sont de petites fenêtres qui surgissent lors de l’ouverture d’un site internet. Pudiques, certaines vous informent que le contenu que vous vous apprêtez à voir est « réservé aux grands enfants de + 18 ans ». Plus agressives, d’autres vous vantent les mérites d’un quelconque partenaire commercial. Dans tous les cas, il est impossible d’y échapper à moins d’avoir configuré votre navigateur pour qu’il les filtre.

La tentation est grande d’utiliser, vous aussi, ces fenêtres intruses. Il s’agit en effet d’une solution imparable pour faire sauter un message aux yeux de vos visiteurs. Mais comme tous les éléments non sollicités, les pop-ups doivent être consommées avec modération – sous peine de donner de l’urticaire à vos hôtes. Limitez-les aux annonces légales (l’utilisation de cookies), incontournables (l’inscription à votre newsletter) ou temporaires (des soldes à ne pas manquer). Pour le reste, votre site fera amplement l’affaire.

6. Les étapes superflues

Plus une procédure est longue et détaillée, et plus ça fait sérieux ? Pas sur Internet. Si vous souhaitez que vos visiteurs aillent au bout de leur démarche (acheter, télécharger, s’inscrire, etc.), vous devez faire court. Commencez par simplifier votre arborescence. Par exemple, si vous avez un site e-Commerce, les internautes ne doivent pas avoir plus d’un clic à faire pour arriver sur votre galerie de produits.

Allégez ensuite vos formulaires de leurs champs inutiles. En 2016, avez-vous vraiment besoin d’un numéro de fax pour valider une commande ? Glaner des informations sur vos clients est excellent pour votre marketing. Mais vous devez également composer avec cette autre réalité : si vous mettez trop d’étapes dans une procédure, les utilisateurs n’auront pas envie d’arriver à son terme.

7. Les outrages à la police

Des milliers de polices d’écriture sont disponibles sur la Toile. Avec ou sans empattements, avec ou sans ligatures, classiques ou excentriques… Vous en avez pour tous les goûts. Ici comme ailleurs, vous tenterez coûte que coûte de sortir du lot. Problème ? Les polices les plus originales sont souvent les moins lisibles. Limitez leur utilisation à vos titres et votre logo. Pour le corps de vos textes, des polices plus conventionnelles sont de rigueur, comme Arial ou Helvetica.

Par souci d’harmonie visuelle, veillez également à ne pas mêler plus de deux ou trois polices sur un même site. Sinon, ce dernier donnera une impression de fouillis et d’amateurisme qui rebutera les internautes. Ou pour le dire comme Victor Hugo : « police partout, justice nulle part. »


Sources : Presse Citron

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